Meurtre à l'École hôtelière

Contrairement à ce que pourrait suggérer son titre le roman policier de Jean-José Malbec se démarque de la série policière diffusée...
... par la chaîne publique France 3, « Meurtres à... », dont les intrigues sont souvent abracadabrantesques et les dénouements tirés par les cheveux. Ici, l’intrigue est simple et sans coup de théâtre car dès le premier chapitre le lecteur connaît l’identité du meurtrier. Le crime est perpétré à la fin du mois de juin sur la personne du directeur des études de la prestigieuse École hôtelière de la rue Médéric dans le quartier huppé du VIIIe arrondissement de Paris. Quel individu a bien pu s’en prendre à celui-ci juste avant le départ des élèves vers leur stage professionnel d’été ? L’enquête, délicate à mener au sein même du lycée professionnel où élèves, professeurs et personnel administratif sont encore présents, est confiée à la jeune capitaine de police judiciaire, Camille Lot, que la haute hiérarchie de la place Beauvau promeut « Missi dominici » afin qu’elle résolve l’énigme avec célérité et diplomatie dans ce milieu sensible.


Jean-José Malbec convie ainsi le lecteur à l’accompagner dans une véritable étude du milieu comme on en faisait naguère en classe. Non pas le milieu de la pègre mais celui non moins rude où des jeunes gens apprennent sur le tas les métiers de l’hôtellerie avec des professionnels aguerris et quelque peu brutaux avec leur disciples. L’enquête minutieuse de la capitaine Lot est l’occasion pour celle-ci de découvrir ce milieu qu’elle ignorait mais aussi de reconquérir une part de sa personnalité indépendante au travers de sa vie amoureuse et sentimentale avec Jacques l’Angevin. Cette recherche de la vérité des autres et de soi-même la mène alors de Paris en baie de Somme, du Mont Saint-Michel aux coteaux du Layon en Anjou. Dans ce périple ensoleillé, le lecteur suit le cours de ses réflexions sur le métier de policier, l’émancipation féminine, l’éducation, l’art, la littérature, le théâtre, le cinéma et la destinée humaine. Grâce à son intuition féminine, sa psychologie fine et la bienveillance dont elle fait preuve dans ses interrogatoires des élèves et des professeurs, elle découvre alors un réseau de proxénétisme hôtelier en accointance avec un réseau d’agents corrompus de la Direction générale de sécurité intérieure imbriqués dans le lycée.

Écrit dans un style alerte, directe et limpide comme son héroïne, ce roman policier qu’on peut qualifier d’humaniste voire d’autobiographique dans la pertinence et la justesse de ses descriptions, mérite d’être chaleureusement recommandée car il ne fait appel ni aux frissons ni aux terreurs pour tenir en haleine son lecteur.

Nota Bene : « Capitaine Lot – Meurtre à l’École hôtelière » de Jean-José Malbec, éditions Beaudelaire, 2021, 256 pages, broché 14x21 cm, ISBN : 9791020339614. À commander dans toutes les bonnes librairies, prix 19,50 € ou par Internet sur tous les sites de vente de livres.
Voici une autre bonne ou mauvaise raison de recommander ce roman : avec l’auteur nous avons usé nos fonds de pantalon sur les bancs du cours complémentaire de la communale Gambetta à Sèvres et déambulé les Tréteaux de Sèvres sur les routes des Corbières jadis.

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